Serigne Cheikh Diemb Fall
23/06/2009 19:02 par kawsarafall
Leur triple mission de formation, d’organisation et de soutien à la famille du fondateur du mouridisme occupent toute leur vie. Pour lui, le travail est la voie royale d’accès à Dieu. Il n’empêche, le Baye-Fall est en permanence plongé dans ses captivantes séances d Zikroullah ou louange à Dieu ; sa façon à lui de vénérer le Tout Puissant. La famille Baye-Fall repose sur le droit d’aînesse. Le Baye-Fall toutefois, comme dans toutes les principes qui régissent sa vie n’en a cure et ne se fie qu’à SerigneTouba, l’érudit des érudits, le connaisseur des connaisseurs et le Maître du talibé mouride sur terre comme dans l’autre monde, et qui a défini et autorisé les pratiques de sa vie. Le Baye-Fall, dans l’imagerie populaire de ceux qui vivent très loin les réalités de cet adepte de Cheikh Ibra Fall, est très souvent perçu à travers de multiples déformations. Loin d’être seulement un personnage grossier habillé de haillons multicolores, la chevelure débroussaillée ou très longue, la démarche agressive, il est un croyant pour qui la religion s’arrête aux ordres divin. Il ne transgresse pas les lois divins et DIEU est permanament présent en lui. Et par le zikroulah( Sam Fall ) il ne cesse de louer le seigneur. Le véritable Baye-Fall s’oppose radicalement au vagabondage et mène une vie austère qui le détache de tous les interdits. Au delà des clichés le faisant apparaître comme un troubadour ou un délinquant en mal de refuge social, le disciple de Cheikh Ibra Fall se veut le prolongement de celui qui fut l’exemple même du « talibé » et symbolise le mouridisme sous ses facettes religieuses, économique, culturel, et sociale. Le Baye-Fall applique à la lettre les principes de soumission au marabout ( qui constitue l'intermediare entre lui et le seigneur tout Haut): « je me soumets à vous dans ce monde et dans l’au-delà. Je ferai tout ce que vous me dicterez et laisserai tout ce que vous m’interdirez... »tel est le credo du Baye-Fall. Au fil des ans, le comportement de ce talibé hors pair sera marqué par le travail*, l’abnégation totale face aux biens de ce monde et le respect scrupuleux des ordres du cheikh. Le travail, parce qu’il permet le dépassement de soi dans l’effort, est le premier pilier du « baye-fallisme ». Ainsi, aujourd’hui comme hier, les vrais Baye-Fall continuent de défricher chaque année des centaines d’hectares, abattant en une journée des superficies importantes. La production milicole et arachidiere a connu de la sorte, des performances légendaires grâce à ces soldats champêtres au zèle inégalé. Le véritable Baye-Fall reprouve la violence. A l’instar du précurseur du mouridisme, cet homme discipliné ne veut rien obtenir par la violence bannie par les règles de vie de la communauté. Sur le plan culturel, l’originalité du Baye-Fall a dépassé les frontières du senegal et fait école un peu partout dans le monde. Sa chevelure hirsute aurait inspiré les rastas,. Le petit bâton dissuasif qu’il porte est utilisé depuis l’époque où le port d’arme blanche était prohibé. Quant à la ceinture, elle permet de se caler l’estomac pour mieux résister à une longue journée de travail, ou une nuit interminable de litanies…Parmi les autres objets qui donnent à ce « chevalier de la foi » son aspect authentique, le bonnet et le talisman sont bien les plus remarqués. L’un est souvent noir avec une pouffe au bout de son long pendant, et l’autre se distingue par le travail artistique raffiné des cordonniers et se ballote au bas ventre symbolisant toute la fierté du talibé. En outre, ces hommes sont tous farouchement retranchés dans le cadre culturel découpé par le mouridisme. La langue wolof qu’il parle en général ne souffre de la moindre intrusion de langues étrangères. D’ailleurs le Baye-Fall cultive une nette démarcation vis-à-vis des cultures occidentale et arabe. Durant les moments de grande ferveur religieuse, il arrive qu’un des talibés à la sensibilité élevée tombe en extase. Lorsque c’est le « choc » véritable des ondes
Le Cheikh Maa El Aynain, fils de Mohamed El Fadel Ibn Maamin avait écrit des poèmes merveilleux sur les qualités exceptionnelles de Khadimou Rassoul. Cependant, pendant longtemps, il était intrigué par le cas d'Ibra Fall et par les commérages à son sujet. Il entra alors en "Khalwa" pour demander à Allah de l'éclairer là-dessus. A la sortie de sa retraite spirituelle, il composa un poème dont nous publions de larges extraits. "Cheikh Ibra, tu as été élevé au dessus des humains" "Cheikh Ibra, tu as dépassé les horizons de la loi et de la voie " ! "Ibrahim Fall, tu as devancé tes pairs depuis l'Éternité" "Ton état de réalisation ne peut-être compris par de simples mortels" " Ta supériorité est indiscutable..." "... La voie d'Ibra Fall dans le Mouridisme est l'une des meilleures" "Celui qui la prend sera protégé contre l'enfer et les châtiments" "Il passera comme l'éclair le jour de la Traversée... du Pont " "... Mes paroles proviennent de la source des connaissances" "Ô inconscient qui suspecte la voie de notre frère Ibra Fall" "Repens-toi devant le Seigneur clément" "Car celui qui persévère dans l'errent" "Sera saisi par le Toupet" "Et entraîné par les anges de l'enfer"